Le Québec est passé au premier rang des
provinces canadiennes, devant Terre-Neuve où le taux de présence
syndicale a baissé à 39,1 % comparé à 40 % en 1999. Le Manitoba
suit avec 36,5 % et la Colombie-Britannique avec 35,8 %. L'Ontario
affiche un taux de 28,2 %. Le taux de présence syndicale est le
rapport entre le nombre de salariés couverts par une convention
collective et l'ensemble des salariés en emploi.
Au Québec, on dénombre environ un million cent soixante-huit mille
(1 168 000) personnes protégées par une convention collective, soit
quelque 45 000 de plus que l'année précédente, selon le rapport de
Statistique Canada. La FTQ en représente le plus grand nombre, soit
au-delà d'un demi-million de salariés ou 44 % du total. Les
syndicats indépendants et la CSN en représentent un peu plus de 20
% chacun, la CSQ 11 % et la CSD 5 %.
Tendance à la baisse
En rendant publics ces résultats positifs, le président de la FTQ,
M. Henri Massé, a toutefois tenu à souligner que la tendance était
plutôt à la baisse depuis plusieurs années. «Une hirondelle ne fait
pas le printemps », dit-il. Le taux au Québec a en effet fléchi de
41,4 % en 1997 à 39,8 % en 1998 et 39,5 % en 1999, avant de
remonter légèrement en l'an 2000. Depuis les dix dernières années,
le taux a chuté de cinq points de pourcentage, de l'ordre de 45 % à
40 %.
M. Massé note également une grande différence entre le secteur
public, où le taux de présence syndicale est de 80,1 % au Québec,
et le secteur privé, où il n'est malheureusement que de 27,5 %.
« Même si le Québec a un des taux les plus élevés en Amérique du
Nord, dit M. Massé, nous sommes vivement préoccupés par la forte
tendance à la baisse observée depuis dix ans et par la difficulté
d'augmenter la présence syndicale dans le secteur privé. C'est
pourquoi nous avons réclamé une réforme du Code du travail afin de
faciliter l'accès à la syndicalisation, notamment pour les petits
salariés et les jeunes. Nous espérons que le projet de loi en ce
sens déposé à l'Assemblée nationale pourra être adopté ce
printemps, mais avec les modifications que nous avons demandées. »
M. Massé ajoute : « Le principal défi du mouvement syndical est de
s'implanter davantage dans le secteur tertiaire privé, parmi le
personnel de bureau, de commerces et de services, là où se créent
les nouveaux emplois. Pour y arriver, la FTQ et ses syndicats
affiliés ont mis en œuvre de nouvelles stratégies de recrutement
qui commencent à porter fruits. »
Des percées syndicales
Ce sont les syndicats de la FTQ qui recrutent le plus de nouveaux
membres chaque année et l'année 2000 a été très fructueuse à cet
égard. À titre d'exemples, la FTQ a fait des percées importantes
auprès des camionneurs indépendants (notamment dans le port de
Montréal), dans les services financiers (plusieurs caisses
Desjardins), l'alimentation (tous les marchés Loblaw), le commerce
(Rona, Réno-Dépôt, Archambault Musique et Livres), la restauration
et l'hôtellerie, les agences de sécurité, le vêtement, le meuble,
la grande industrie de pointe (Norsk-Hydro à Bécancour), les
municipalités ainsi que la télédiffusion (tout le personnel de TVA
à Montréal).
La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente
plus d'un demi-million de membres.
* Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active,
CD-ROM 2000
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