Tel est le message qu'a transmis le président
de la FTQ, M. Henri Massé, à la clôture du grand colloque de la
centrale sur les jeunes et le syndicalisme qui a rassemblé plus de
400 syndicalistes – dont la moitié ayant moins de 35 ans – à
Montréal, durant deux jours. Ce colloque a notamment permis de
préparer les interventions de la FTQ en vue du Sommet du Québec et
de la jeunesse.
La FTQ est la centrale qui représente le plus grand nombre de
jeunes de moins de 35 ans, soit plus de 130 000, qui forment près
de 30 % de son membership.
« Nous devons faire plus de place aux jeunes dans les instances
dirigeantes de nos syndicats, à tous les niveaux, a dit M, Massé.
Il y a de la place pour les jeunes à la direction des syndicats,
dans nos comités, dans nos congrès. Il ne faut pas opposer les plus
jeunes aux plus vieux mais travailler ensemble au service de nos
membres. Il faut allier le dynamisme et la fougue des jeunes à
l'expérience des aînés. » La FTQ a d'ailleurs embauché récemment un
jeune conseiller syndical de 29 ans, Jacques Théoret, qui s'occupe
du dossier des jeunes à la centrale.
Les jeunes favorables aux syndicats
Monsieur Massé a également souligné que, contrairement à certains
préjugés, ce sont les jeunes qui sont les plus favorables au
syndicalisme, selon un sondage CROP réalisé pour le compte de la
FTQ. Ainsi, 54 % des jeunes syndiqués de moins de 25 ans
préféreraient être syndiqués s'ils en avaient le choix, comparé à
30 % chez les non-syndiqués en général, révèle ce sondage CROP. Par
ailleurs, 80 % des jeunes de moins de 25 ans estiment que le
syndicalisme est nécessaire, comparé à 67 % des Québécois en
général.
Les syndicats affiliés à la FTQ ont d'ailleurs fait des percées
récemment dans des secteurs comme les librairies Renaud-Bray et
Garneau, où la moyenne d'âge des salariés est de 23 ans, et auprès
du personnel d'accueil des cinémas.
La précarité de l'emploi
Le colloque a montré que la précarité de l'emploi s'avère le
problème numéro un chez les jeunes. « Il ne faut pas s'adapter à la
précarité mais la combattre et la réduire le plus possible, dit M.
Massé. Il faut bâtir une société où nous aurons encore des emplois
permanents, de bons emplois de qualité. » Il a demandé aux
employeurs d'offrir de vrais stages de formation aux jeunes, pas
des stages pour une main-d'œuvre à bon marché.
Il a donné l'exemple du nouveau Fonds étudiant solidarité-travail
du Québec, mis sur pied par la FTQ et son Fonds de solidarité, qui
offre depuis l'été dernier des stages rémunérés dans des syndicats,
des coopératives, des groupes communautaires et des PME. Le fonds
compte accueillir près de 500 jeunes l'été prochain. Le président
de la FTQ a aussi insisté sur l'importance de l'éducation et des
réinvestissements majeurs qu'on doit y faire.
Le Sommet de la jeunesse
Quant au Sommet de la jeunesse, « la FTQ y participera activement,
comme partenaire, car nous n'avons jamais été d'accord avec la
politique de la chaise vide, a dit M. Massé. Bien sûr, nous sommes
très respectueux de la démarche des jeunes et ce doit être leur
sommet à eux. Nous proposerons des solutions aux problèmes que les
jeunes eux-mêmes identifient comme prioritaires, comme la précarité
de l'emploi. Nous aborderons aussi les questions de l'éducation et
de la formation professionnelle, ainsi que des lois du travail. »
« La FTQ estime que le Sommet pourra contribuer à la mise en œuvre
de solutions concrètes aux problèmes des jeunes », conclut M.
Massé.
La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente
près d'un demi-million de membres.
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