2007-11-10Nouvelle
Stephen Harper doit rencontrer ses
vis-à-vis des provinces
dans les plus brefs délais
Le secteur manufacturier est en crise, la récession
guette le Québec et l’Ontario
– Henri Massé président de la FTQ
Montréal, le 10 novembre 2007-La Fédération des travailleurs et
travailleuses du Québec (FTQ), demande au premier ministre canadien
Stephen Harper de convoquer sans délai une rencontre des premiers
ministres afin de développer un plan d’action pour faire face à la
hausse dévastatrice du dollar canadien sur le secteur
manufacturier.
La FTQ ne peut se satisfaire de la réponse du premier ministre qui
déclare qu’il n’est pas question de faire pression sur la Banque du
Canada afin de freiner la hausse du dollar.
«
Nous comprenons que le
gouvernement ne peut intervenir directement auprès de la Banque du
Canada, cependant le gouvernement peut mettre en place des
politiques économiques ciblées afin de réduire la pression sur le
secteur manufacturier qui traverse une véritable crise. Si Ottawa
s’obstine à ne rien faire, c’est toute l’industrie qui risque d’y
passer. Tous les signaux sont au rouge. Le gouvernement doit penser
aux hommes et aux femmes qui vont se retrouver à la rue », a
déclaré le président de la FTQ, Henri Massé.
Les deux économies
canadiennes
Actuellement, il y a deux économies au Canada. Celle de l’Ouest,
qui vient doper le dollar en raison de sa production de pétrole et
du prix du baril qui ne cesse de grimper. Et celle du centre du
pays, le Québec et l’Ontario, aux prises avec un secteur
manufacturier en grande difficulté. «
Il faut savoir que chaque hausse d’un cent du
dollar canadien se traduit par la perte de 18 000 emplois dans le
secteur manufacturier. La hausse du dollar a déjà coûté plus de 300
000 emplois. Ce sera pire si rien n’est fait. C’en est
assez! », a ajouté M. Massé.
L’exemple de la Norvège
«
D’autres pays producteurs de
pétrole, comme la Norvège, ont pris des mesures afin d’empêcher que
le pétrole ne vienne doper leur économie et provoquer des crises
dans les secteurs plus sensibles, comme l’industrie manufacturière.
Est-ce trop demander au gouvernement canadien d’examiner toutes les
options sur la table? » de questionner le président de la
FTQ.
Le Conférence Board a tout
faux
Par ailleurs, la FTQ ne partage pas du tout la vision du Conférence
Board qui prédit une hausse des exportations dès avril 2008. Le
Conférence Board espère que le dollar canadien se retrouve sous la
barre de la devise américaine ou à parité, et souhaite que d’ici
là, les entreprises vont profiter d’un dollar canadien fort pour se
moderniser. «
Le Conférence Board
analyse la situation actuelle avec des lunettes roses. En raison de
la crise, le secteur manufacturier n’est pas du tout en mode
investissement. Les coffres sont à sec, et il n’y a pas une journée
qui passe sans qu’une entreprise ne mette la clé dans la
porte », a ajouté M. Massé
La récession guette le
Canada
«
Sans être prophète de malheur,
à la FTQ, on croit que le centre du pays, le Québec et l’Ontario
pourraient être en graves difficultés économiques dès avril 2008 et
même finir par entrer en récession si rien n’est fait. Il est donc
urgent que nos gouvernements prennent des décisions pour soutenir
le secteur manufacturier. La FTQ insiste et demande au premier
ministre Harper d’acquiescer à la demande du Québec et de réunir au
plus tôt les premiers ministres afin de mettre en place des mesures
destinées à relâcher la pression sur le secteur
manufacturier », a conclu Henri Massé
La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus
de un demi-million de membres.
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