2008-12-10Nouvelle
La FTQ demande à Jean Charest de se
débarrasser de l’héritage de Couillard
« La tartufferie de cet ex-ministre de la Santé qui
jurait, la main sur le cœur, de sauver le système public doit être
dénoncée publiquement » – Michel Arsenault, président de la
FTQ
Le président de la FTQ, Michel Arsenalt
Montréal, mercredi 10 décembre
2008 – «
Les propos tenus
par le désormais chef lobbyiste du privé en santé, Philippe
Couillard, devant les membres de l’Institut canadien de la retraite
et des avantages sociaux, justifient à eux seuls le recours
juridique intenté par la FTQ et la CSN contre les mesures
facilitant la création d’un monopole privé sur un nombre
indéterminé de chirurgies et de traitements.
« Le gouvernement Charest doit se dissocier rapidement et fermement
de ces propos et en profiter pour se débarrasser définitivement de
l’héritage laissé par un Dr Couillard dont on voit aujourd’hui les
véritables intérêts étalés au grand jour. La tartufferie de cet
ex-ministre de la Santé qui jurait, la main sur le cœur, de sauver
le système public doit être dénoncée publiquement », a
déclaré Michel Arsenault, président de la Fédération des
travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).
La porte toute grande ouverte au
privé
Rappelons que l’ex-ministre, dans des propos rapportés par un
quotidien montréalais, en appelait à la multiplication de cliniques
privées de type Rockland MD, à la pratique mixte pour les médecins,
à l’autorisation des assurances privées pour les actes couverts par
le système public.
Il est également utile de rappeler que l’ex-ministre Couillard a
fait le saut au privé quelques semaines après avoir piloté
l’adoption de règlements ouvrant toute grande la porte au privé en
santé.
Philippe Couillard s’est préparé
un véritable plan d’affaires privé
«
Philippe Couillard s’est
littéralement préparé un véritable plan d’affaires alors même qu’il
faisait encore partie du gouvernement. Il s’est créé de toutes
pièces des conditions de travail dans le privé tout en occupant la
plus haute charge publique en santé. Il s’agit là d’un accroc
majeur à tous les principes de bonne gouvernance qui doivent
prévaloir dans tous les ministères et sociétés d’État tels que
prêchés par le gouvernement », a ajouté Michel Arsenault.
L’ex-ministre renie ses
engagements de 2003 sur les temps d’attente
Contrairement à ce qu’affirme l’ancien ministre, ce n’est pas être
partisan du statu quo que de défendre un système de santé public,
universel et gratuit. «
Le ton de
ses propos sur la soi-disant utopie du médecin de famille et sur
l’introduction d’un ticket modérateur à l’urgence de Sainte-Justine
frôle le mépris. Lorsque Philippe Couillard dit que c’est gênant
pour un pays du G-8 d’avoir un niveau d’accès aux soins comme on a
chez nous, se souvient-il que c’est lui-même et son gouvernement de
l’époque qui s’engageaient formellement à mettre fin dès 2003 aux
temps d’attente? », a questionné le président de la FTQ.
«
Si j’étais le partenaire privé
du Dr Couillard, je m’inquiéterais sérieusement de ses
retournements de veste à la lumière de l’hypocrisie avec laquelle
il a préparé le terrain à l’entrée en masse du privé à tous les
niveaux de notre système de santé », a conclu Michel
Arsenault.
La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus
de un demi-million de membres.