2012-05-18 14:21
Nouvelle
Une loi qui porte atteinte aux libertés
civiles et qui menace notre démocratie
Rappelons que la liberté d’association est un
droit fondamental reconnu tant par la charte canadienne que par la
charte québécoise. Elle permet de formuler des demandes et de
dessiner un projet collectif. De plus, elle oblige une autre partie
à écouter et à prendre en considération ce projet collectif. Ainsi
formulée par la Cour suprême, elle contient également la liberté
d’expression et le droit de négociation. Il s’agit de valeurs sur
lesquelles est construite la société canadienne. Cette liberté
d’association s’exerce actuellement tant par les syndicats que par
les associations étudiantes. Le projet de loi spéciale viole cette
liberté fondamentale de plusieurs façons.
Dans tous les cas, il s’agit de s’interroger si le gouvernement a
soigneusement fait sa loi afin de porter le moins possible atteinte
aux droits fondamentaux. En l’espèce, il faut se demander s’il
existait d’autres moyens de retrouver une paix sociale et un retour
à l’enseignement. Or la négociation faisait partie de ces moyens.
Il n’y a rien dans la loi qui prévoit un mécanisme de négociation
entre les associations étudiantes et le gouvernement. Un tel moyen
aurait possiblement été plus propice à retrouver une paix sociale
et permettre le retour aux études. La loi n’est donc pas
soigneusement conçue pour atteindre ces deux objectifs, puisqu’elle
ne contient pas les moyens qui pourtant sont à la disposition du
gouvernement.
Il en est de même d’un moratoire, d’une trêve, d’une médiation. Ce
sont pourtant là non seulement des moyens disponibles, mais qui
plus est, ils permettent même la mise en œuvre de la liberté
d’association dans sa dimension de droit de négociation ou
minimalement de droit d’expression.
L’arbre qui cache la forêt
En outre, les différentes mesures qui entourent la pratique de
manifester dépassent l’entendement. « Il nous apparaît que par son
projet de loi, le gouvernement déborde largement de la question
étudiante. Une fois adoptée, cette loi pourrait s’appliquer à toute
manifestation, même celles qui touchent des conflits dans le
secteur privé ou encore celles à caractères sociaux. Mais, plus
important encore, ce projet nous donne la mauvaise impression que
ce qu’il cherche à protéger avant tout, c’est l’absence de
manifestation spontanée lors de la prochaine campagne électorale »,
ont soutenu les porte-parole syndicaux.
Les représentants syndicaux demandent au gouvernement de retirer ce
projet de loi et de revenir à des valeurs plus socialement
acceptables en ouvrant la négociation avec les associations
étudiantes ainsi qu’un débat public sur les droits de scolarité et
le financement des universités. « Ce projet de loi semble vraiment
rédigé sous le coup de la colère et de l’animosité et, de toute
évidence, elles ne sont pas bonnes
conseillères », ont conclu les porte-parole syndicaux.
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