2012-06-13 13:00
Nouvelle
Projet de loi 80 sur les régimes
volontaires d’épargne-retraite
« Le gouvernement a choisi la pire
des solutions »
— Michel Arsenault, président de la FTQ
À la FTQ, on ne comprend pas pourquoi le
gouvernement s’entête à promouvoir cette voie, alors qu’elle a fait
l’objet de plusieurs critiques.
« Pas plus loin que chez notre
voisine, l’Ontario, ajoute le dirigeant syndical, le gouvernement
de Dalton McGuinty a refusé cette voie, y voyant un simple
déplacement de l’épargne dans des fonds administrés par des
assureurs et des institutions financières du secteur privé.
L’Ontario, tout comme nous, aurait préféré que le gouvernement
fédéral trouve le moyen de bonifier le régime public, le
Régime de pensions du Canada, le
pendant de notre Régime de rentes du Québec.
« Ici, au Québec, même l’ancien
ministre libéral Claude Castonguay s’est étonné que Québec veuille
confier la gestion des RVER au secteur privé plutôt qu’à la Régie
des rentes du Québec et au ministère du Revenu, à des frais
beaucoup plus bas. »
Ailleurs, des expériences non
concluantes
Présent au colloque du Conseil du
patronat sur les régimes de retraite, le vice-président au
développement des affaires, des régimes d’épargne et de retraite
collective à la Standard Life, Claude Leblanc, a mis en garde les
promoteurs des RVER. Jetant une « douche froide » sur ces derniers,
le spécialiste a cité à l’appui l’expérience similaire vécue en
Angleterre : « Après
quatre ans, a-t-il
dit, c’était la
catastrophe. »
Mis en place en 2001, le régime anglais est en cours de réforme et
les employeurs sont désormais obligés de cotiser.
« Mais même avec une réforme,
personne ne s’attend à des miracles. Selon une étude de l’OFCE
1 , ce
régime, avec des cotisations totales de 8 % (3 % employeurs, 5 %
travailleurs) versées pendant 45 ans, donnera droit à un taux de
remplacement du salaire à la retraite allant de 16,4 % à 27 % tout
au plus, selon les taux de rendement. Est-ce que c’est ce qu’on
appelle une retraite décente? Poser la question, c’est y
répondre », poursuit Michel Arsenault.
Il faut noter que ladite étude conclut sur le fait que les
entreprises britanniques pourraient profiter de la réforme pour
diminuer les contributions qu’elles versent actuellement dans les
fonds de pension, et appauvrir encore plus les futurs retraités.
Selon l’OFCE, deux scénarios sont possibles : augmenter les retraites publiques ou
augmenter la pauvreté et les inégalités parmi les retraités.
Un débat public s’impose
Le président de la FTQ espère aussi que des audiences publiques
auront lieu sur le projet de loi 80 et qu’il pourra faire entendre
la voix des membres qu’il représente.
Rappelons qu’avec plus de 90 organisations de la société civile, la
FTQ demande une bonification du Régime de rentes du Québec parce
qu’il constitue un vrai régime de retraite, où tous participent
également et à peu de frais, parce que cela soulagerait la pression
des employeurs face aux régimes complémentaires et parce que cela
diminuerait la responsabilité du gouvernement de venir en aide aux
retraités en situation de pauvreté.
« Pas besoin de réfléchir
longtemps pour choisir entre un régime public, à peu de risques,
qui coûte à peine 0,6 % en frais de gestion et un autre, le RVER,
qui en coûtera jusqu’à 3 % avec de hauts risques financiers
», a conclu Michel Arsenault.
La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente
plus de 600 000 membres.
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1
Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE),
Les réformes de retraites en
Europe dans la crise, No 2010-17, Juillet
2010
— 30 —
Source : FTQ
Pour information : Jean Laverdière, 514 893-7809