2012-06-14 09:40
Nouvelle
Réforme de l’assurance-emploi
Les centrales syndicales réclament un
changement de cap
Les conservateurs prévoient également d’autres
changements qui pénaliseront particulièrement les prestataires des
régions éloignées tout en alourdissant les procédures juridiques
permettant aux chômeuses et aux chômeurs de contester une décision
défavorable. Pour les organisations syndicales, l'abolition des
conseils arbitraux, des juges arbitres et des mécanismes d'appel
constituent autant de freins à l'accès à la justice.
Décision idéologique
« Le gouvernement
fédéral ne verse plus un sou à la caisse, et ce, depuis 1990. C’est
sur la base de préjugés anti-chômeurs qu’il va de l’avant avec une
telle réforme sans aucune consultation auprès des premiers
concernés, les travailleuses et les travailleurs, bien que ce soit
eux qui financent le programme, avec les employeurs »,
dénonce le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer.
Ces changements proposés par les conservateurs représentent une
menace pour l’économie des régions, particulièrement les régions où
le travail saisonnier est très important, par exemple celles qui
vivent de la pêche, de la foresterie, du tourisme ou de
l’agriculture. Ils auront aussi un impact majeur pour les
salarié-es de la construction. De plus, ils entraîneront
indéniablement des pressions à la baisse sur l’ensemble des
salaires, dénoncent les représentants syndicaux.
« L’approche des conservateurs
est contre-productive. Au lieu de se concentrer sur la création de
richesse en soutenant mieux le développement d’emplois de qualité,
entre autres dans le manufacturier, les conservateurs pénalisent
les chômeurs et toute la société en les forçant à accepter un
travail où leurs compétences ne seront pas utilisées de façon
optimale », plaide pour sa part le vice-président de la CSN,
Jean Lacharité.
Le rapatriement : un objectif à
plus long terme
« La priorité des priorités doit
aller pour le moment à défendre le régime actuel d’assurance-emploi
et à sauver ce qui peut l’être notamment en convainquant le
gouvernement de laisser plus de temps aux chômeuses et aux chômeurs
de se trouver un emploi convenable, comparable à celui qu’ils
occupaient avant de se retrouver au chômage », explique le
secrétaire-trésorier de la CSQ, Daniel-B. Lafrenière. Ainsi, les
centrales syndicales souhaitent intervenir dès maintenant pour
limiter les dégâts de la contre-réforme conservatrice.
Les organisations syndicales poursuivront en outre leur réflexion
quant à l’éventualité de rapatrier au Québec le programme
d’assurance-emploi. Si elles voient un certain intérêt à mettre sur
pied un régime québécois qui refléterait davantage les besoins des
travailleuses et des travailleurs du Québec, les centrales
syndicales estiment que le rapatriement du programme ne peut être
qu’un objectif à long terme : beaucoup de questions demeurent quant
au fonctionnement d’un éventuel régime québécois et cela sans
compter les obstacles constitutionnels à franchir pour y arriver.
Le gouvernement du Québec
interpellé
Enfin, les centrales syndicales demandent à la ministre de l’Emploi
et de la Solidarité, Julie Boulet de se saisir du dossier et de
demander au gouvernement fédéral une véritable consultation sur
cette importante question. Rappelons que, vendredi, l’Assemblée
nationale a adopté à l’unanimité une motion exigeant du
gouvernement fédéral qu’il renonce aux modifications les plus
néfastes pour les travailleuses et les travailleurs au statut des
plus précaires. « Nous demandons
au gouvernement du Québec de se joindre aux gouvernements des
provinces de l’Atlantique afin de réclamer une consultation de la
part du gouvernement fédéral et de dénoncer les aspects les plus
régressifs de cette contre-réforme. L’approche unilatéraliste est
contre-productive en ce qui a trait à cette importante maille de
notre filet de sécurité sociale, partout au pays », soutient
le vice-président de la CSD, Claude Faucher.
À propos
Les quatre centrales syndicales québécoises représentent plus d’un
million de travailleuses et de travailleurs.