2012-08-23 14:51
Nouvelle
Le rapatriement du régime
d’assurance-emploi Il faut un régime
plus généreux
Lettre d'opinion de la FTQ, CSN et
CSQ envoyée aux médias
L’importance
du contenu d’un futur régime québécois d’assurance-emploi
Dans le cadre d’un rapatriement, il importe de savoir quels
seraient les contours d’un régime québécois d’assurance-emploi,
principalement en ce qui concerne la couverture, la gouvernance, le
coût et le financement.
Comme organisations syndicales, nos positions sont claires. Nous
revendiquons des bonifications majeures depuis plusieurs années,
soit : l’élargissement de l’admissibilité, la hausse du taux de
prestation de 55 à 60 % , l’allongement de la période de
prestation, l’abolition du délai de carence, l’exclusion des
indemnités de départ de la rémunération, l’allègement des sanctions
en cas de départ volontaire ou de congédiement pour inconduite et
la création d'une caisse autonome administrée par les cotisants. Un
programme québécois devrait aller en ce sens.
En matière de financement, les enjeux sont aussi importants.
Présentement, la cotisation des employeurs correspond à 1,4 fois la
cotisation de leurs employé-es. Les organisations syndicales
québécoises se sont toujours opposées à un financement 50/50
(travailleurs/employeurs), comme le réclament les associations
patronales. Par contre, nous sommes ouverts à une participation
financière du gouvernement. Comment le nouveau programme serait-il
financé? Il faut aussi débattre de cette question.
L’aspect constitutionnel, un enjeu
à ne pas sous-estimer
Finalement, il est impossible d’ignorer les implications
constitutionnelles d’un rapatriement du programme fédéral
d’assurance-emploi au Québec. Or, de l’avis de plusieurs experts,
le rapatriement de ce programme ne peut se faire sans amendement
constitutionnel. Évidemment, il n’y a rien d’insurmontable, mais
disons que sur le plan politique, le défi est de taille.
Des travaux à poursuivre et une
bataille à livrer
Bref, nos organisations ne sont pas contre l’idée d’un régime
québécois d’assurance-emploi bonifié qui pourrait mieux répondre
aux réalités et aux aspirations des travailleuses et travailleurs
du Québec, bien au contraire. Mais ce régime doit être nettement
supérieur au régime actuel, sinon ce sera « changer quatre trente
sous pour une piastre ». Il ne s’agit donc pas uniquement de faire
consensus pour se lancer dans une démarche auprès du gouvernement
fédéral afin de rapatrier le programme. Nous devons aussi examiner
les contours d’un éventuel régime québécois d’assurance comme nous
l’avons fait lors de notre bataille pour la mise en place d’un
régime québécois d’assurance parentale.
Entre-temps, même si le fédéral fait la sourde oreille à nos
revendications depuis des années, ce n’est pas une raison
d’abandonner les chômeurs et nos batailles avec le gouvernement
Harper. Les dernières modifications annoncées au programme
d’assurance-emploi confirment l’importance de ne pas laisser le
champ libre au gouvernement conservateur, même si nous sommes
confrontés à un parti politique qui fait peu de cas des règles
élémentaires de consultation et de démocratie. Nos organisations
n’entendent pas hisser le drapeau blanc devant les attaques
odieuses du gouvernement Harper.
Jean Lacharité, Vice-président de la Confédération des syndicats
nationaux (CSN)
Daniel Boyer, Secrétaire général de la Fédération des travailleurs
et travailleuses du Québec (FTQ)
Daniel. B. Lafrenière, Trésorier de la Centrale des syndicats du
Québec (CSQ)