2012-10-03 11:00
Nouvelle
Semaine pour l'école publique -
L'apprentissage du français : la clé essentielle à une francisation
efficace et à l'intégration des non-francophones
Des
ressources et des mesures d'accompagnement nécessaires
Pour le président de la FAE, Pierre St-Germain, la Semaine pour
l'école publique est un moment privilégié pour aborder le volet de
la francisation qui est nécessairement et naturellement associé au
large domaine de l'éducation. « Il est essentiel que l'offre de francisation
soit élargie, plus accessible, mieux coordonnée et mieux financée.
Il faut s'assurer que les personnes visées, hommes, femmes et
enfants aient un accès égal et gratuit aux services de francisation
et soient mieux soutenus dans leur apprentissage de la langue
française. Cela suppose qu'on y mette les ressources et les mesures
d'accompagnement nécessaires afin de parvenir à une francisation
qui dépasse le simple usage fonctionnel et mène à une réelle
maîtrise de la langue française. C'est la voie à emprunter pour
favoriser une meilleure intégration des non-francophones à la
communauté, dans tous les aspects de la vie sociale et culturelle
et permettre ainsi d'assurer la protection et le développement du
français au Québec. »
La protection et le développement
de la langue française : une responsabilité partagée
Il appartient au gouvernement du Québec d'assumer non seulement la
responsabilité de protéger la langue française, mais aussi d'en
assurer son développement et son rayonnement. Il serait beaucoup
plus utile et enrichissant pour la société québécoise d'accommoder
les nouveaux arrivants dès leur arrivée au Québec au lieu
d'attendre qu'ils intègrent le marché du travail et de tenter des
années plus tard, par divers programmes souvent fort coûteux, de
les rejoindre pour un appel à la francisation. C'est une décision
qui incite les personnes immigrantes à démissionner de leur
démarche de francisation et à se tourner vers l'apprentissage de
l'anglais sur le tas. Cela va à l'encontre des principes d'une
intégration réussie. Il est de plus inquiétant et anormal que près
de 40 % des non-francophones ne soient pas rejoints par les
services en place et que plus de 100 000 travailleuses et
travailleurs immigrants ne connaissent pas le français. Rappelons
que 70 % d'entre eux travaillent dans des entreprises de moins de
cinquante personnes. Pour le président de la FTQ, Michel Arsenault,
la francisation est une responsabilité collective qui s'articule
aussi en milieu de travail. « Il faudra bien qu'un jour le
gouvernement comprenne que franciser les milieux de travail,
particulièrement dans les petites entreprises, comme la FTQ le
réclame depuis fort longtemps, fait partie de la solution gagnante
pour la société québécoise et son avenir », de déclarer M.
Arsenault.
« S'assurer que toutes les travailleuses et tous les travailleurs
du Québec comprennent le français, et l'utilisent au quotidien, est
une priorité syndicale. Tous nos efforts en santé-sécurité seront
vains si certaines personnes ne sont pas en mesure de lire, de
comprendre les instructions de sécurité et de communiquer dans
notre langue commune, le français », illustre pour sa part le
président par intérim de la Confédération des syndicats nationaux,
Jacques Létourneau. « Cette responsabilité doit aussi être partagée
par les employeurs. Ils doivent aussi prendre conscience qu'ils
sont également gagnants avec une main-d'œuvre plus productive et
mieux intégrée dans le milieu de travail. Dans toutes les
entreprises où nous avons pu mettre sur pied des programmes de
francisation et de mise à niveau des compétences, les résultats
sont probants », ajoute-t-il. Il apparaît ainsi important de
diversifier les lieux de formation afin de rejoindre un plus grand
nombre de personnes et de mieux adapter les services aux besoins.
Améliorer les mesures de
soutien
Il est clair pour les groupes en présence que les nouveaux
arrivants et les non-francophones doivent accéder à un niveau
d'appropriation de la langue française qui va au-delà des seuls
besoins d'insertion au marché du travail. L'intégration des
nouveaux arrivants doit aussi comporter une éducation citoyenne et
à l'histoire du Québec. Les mesures de soutien pour les nouveaux
arrivants et les non-francophones doivent être améliorées pour leur
permettre de se franciser.
« Au cours des dernières années,
le gouvernement du Québec a fait le choix d'accueillir plus
d'immigrants. Il est donc important que cette hausse de la demande
pour des cours de francisation se traduise de manière équitable
pour les immigrants en leur donnant aussi accès à des mesures de
soutien financier lorsqu'ils suivent des cours dans les commissions
scolaires », a souligné de son côté le vice-président de la
Fédération des commissions scolaires du Québec, Richard Flibotte.
Tous s'entendent pour dire que l'offre de services de francisation
et les budgets afférents doivent être augmentés. Il apparaît aussi
important de mieux coordonner l'offre de services de francisation
entre les divers organismes et ministères impliqués. On souhaite
également que l'Office de la langue française exerce une vigilance
accrue dans son mandat de faire respecter la Charte de la langue
française.
Apprendre une langue, c'est s'instruire. Parler la langue de la
majorité, c'est s'intégrer socialement. La francisation étant un
levier majeur d'intégration à la société, nous avons un devoir
comme collectivité de mettre en place tous les moyens pour offrir à
chaque citoyen la capacité de vivre en français.