2006-05-24Nouvelle
La Conférence internationale sur
l’amiante chrysotile
Les études scientifiques confirment les observations
de la FTQ et des Métallos
Conférence de presse de
la FTQ et des Métallos le président Henri Massé,le directeur du
Syndicat des Métallos Michel Arsenault, le Dr David M.
Bernstain
Montréal, le 24 mai 2006. – Henri Massé, président de la
Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et
Michel Arsenault, directeur du Syndicat des Métallos (FTQ) et
vice-président de la FTQ ont déclaré que les études scientifiques
exposées lors de la Conférence internationale sur l’amiante
chrysotile qui vient de se terminer à Montréal confirment la
position syndicale sur l’utilisation sécuritaire de l’amiante
chrysotile. « Comme l’a si souvent répété la FTQ et les Métallos,
ces études réitèrent que l’utilisation sécuritaire et contrôlée de
l’amiante chrysotile est devenue une réalité incontournable tant
pour le monde du travail que pour la santé publique si son
utilisation est contrôlée. Pourquoi s’acharner sur une fibre que
nous maîtrisons alors que la population est exposée régulièrement à
plus de 2800 substances potentiellement dangereuses dont 835 sont
cancérigènes. Pendant que certains dénigrent injustement
l’utilisation de l’amiante chrysotile, des emplois et la survie
d’une région sont en jeu. »
Les études scientifiques sont concluantes
Participant à la conférence de presse, le spécialiste en
toxicologie, le Dr David M. Bernstein, a renchéri en citant
plusieurs études effectuées au cours des dix dernières années sur
la biopersistance respective tant de l’amiante chrysotile que de
l’amiante amphibole dans les poumons. « Il existe, explique-t-il,
des différences significatives entre ces deux fibres. Après son
inhalation, la fibre du chrysotile est rapidement évacuée des
poumons contrairement aux amphiboles, ces fibres d’amiante
aujourd’hui interdites. Une étude toxicologique fait état d’une
expérience au cours de laquelle des animaux ont été exposés pendant
90 jours à des fibres du chrysotile avec une norme 500 fois plus
élevée que celle communément acceptée d’une fibre par centimètre
cube. En même temps, d’autres animaux ont été exposés pendant cinq
jours à des amphiboles. Ils ont développé des pathologies sévères
alors que ceux qui avaient été exposés aux fibres du chrysotile
avaient un état de santé semblable à ceux qui n’avaient pas été
exposés à l’une ou l’autre des fibres ».
Le danger peut être neutralisé grâce à une utilisation
sécuritaire
La FTQ et le Syndicat des Métallos reconnaissent, comme la
communauté scientifique, que l’amiante chrysotile fait partie d’une
vaste gamme de produits naturels ou synthétiques qui comportent un
danger pour l’être humain. « Les travailleurs, se sont battus
pendant des années afin d’imposer des méthodes plus sécuritaires au
travail. Depuis fort longtemps au Québec, les mineurs effectuent
leurs tâches dans un environnement qui se maintient entre cinq et
dix fois sous la norme québécoise d’une fibre par centimètre cube.
Lorsque l’amiante chrysotile est encapsulé, c’est-à-dire enfermé
dans un autre matériau comme l’asphalte ou le béton, il ne se
retrouve pas dans l'atmosphère. De plus, nous savons maintenant que
la fibre de l’amiante chrysotile subit une transformation chimique
lorsqu’elle est mélangée au ciment. Sa structure cristalline change
entraînant ainsi une forte diminution de son activité biologique.
Enfin, aucune étude épidémiologique n’a démontré, ni même suggéré
que les produits à haute densité et non friables de chrysotile
comportent un danger pour le public », a affirmé Michel Arsenault.
Le président de la FTQ a poursuivi en dénonçant le boycottage
irresponsable de cette fibre. « Tout en menaçant les emplois d’ici,
cela pénalise le développement des pays importateurs qui, de toute
façon, vont l’utiliser. Il faut plutôt promouvoir l’utilisation
sécuritaire de cette fibre. Mentionnons que les récents cas
d’amiantose sont apparus lors des opérations de nettoyage dans des
édifices où de la fibre d'amiante a été posée il y a très
longtemps. Elle n’est plus utilisée aujourd’hui. Par contre les
méthodes de déflocage des édifices doivent être resserrées. La FTQ
presse le gouvernement de mieux encadrer les entreprises qui font
du déflocage, certaines le font correctement, d’autres hélas,
jouent avec la santé des travailleurs. Québec doit obliger ces
entreprises à s’enregistrer et doit s’assurer que les travaux de
nettoyage se font dans le respect des normes de sécurité. Enfin
l’interdiction de l’amiante amphibole doit être maintenue. »
Les produits de substitution sont mal connus
« La position des travailleurs miniers de Thetford Mines est basée
sur l’expérience, dit-il. Plutôt que de prendre des risques avec
des produits que l’on connaît mal, pourquoi ne pas continuer
d’utiliser un produit connu et que l’on contrôle. Plusieurs fibres
de remplacement de l’amiante chrysotile comme les fibres
artificielles, les fibres réfractaires de céramique, les fibres de
laine isolante et les fibres de laine de roche sont très mal
connues. Elles sont soupçonnées d'être cancérigènes. Il n’y a
aucune étude épidémiologique de longue durée permettant de
déterminer leur niveau de toxicité. Une seule évaluation de la
toxicité des fibres de verre, de céramique et des laines de roche a
été réalisée en 1988 en Suisse. L’étude a conclu que les fibres de
céramique augmentaient les risques de tumeurs et n’a pas connu de
suite. Le lobby des produits de substitution fait un travail de
dénigrement de l’amiante chrysotile en public et de promotion en
coulisse de produits mal connus au détriment de la santé publique
», de conclure le directeur des Métallos qui réclame que les
produits de substitution soient soumis aux mêmes conditions que
l’amiante chrysotile et fassent l’objet d’études épidémiologiques
sérieuses.