2012-10-21 15:30
Nouvelle
Certification des résidences
privées
« La qualité de vie et l’état de
santé des personnes âgées sont intimement liés aux conditions de
travail : il faut y voir! » – Michel Arsenault, président,
FTQ
La
formation
« Jusqu’ici, ajoute Jean-Pierre Ouellet, l’une des
réponses qui ont été avancées était d’obliger les employés à avoir
de la formation nécessaire à l’accomplissement de leurs tâches.
Faisant référence à certains cas de mauvais traitements, on a
souvent entendu dire qu’il ne s’agissait pas de mauvaise volonté,
mais plutôt d’une absence de formation. On parlait même de la
formation comme de la pierre angulaire de la réforme proposée. Très
bien!
« Mais parler formation, c’est parler de temps et de coûts de formation. La formation
sera-t-elle donnée sur le temps de travail et à la solde de
l’employeur? Tout permet d’en douter. Va-t-on obliger les employés
à faire leur formation en dehors de l’établissement et en dehors
des heures de travail? C’est impraticable. Pour ne prendre qu’un
exemple, un grand nombre de ces salariés sont des personnes
immigrantes, notamment dans la grande région montréalaise et
beaucoup d’entre elles ont un double emploi afin d’arriver à
joindre les deux bouts. Oublions ça : si ce n’est pas sur le temps
de travail, elles ne pourront pas être formées adéquatement. Même
chose pour les chefs de familles nombreuses ou monoparentales… Et
encore plus simple, comment quelqu’un, gagnant à peine 11,00 $
l’heure, peut-il arriver à se payer de la formation? Poser la
question, c’est y répondre! »
La rémunération
Parmi les membres du SQEES travaillant dans les résidences privées,
le salaire maximum moyen était de
11,85 $ en 2011. Pour beaucoup d’autres, le salaire brut se réduit
au salaire minimum ou à quelques sous de plus!
Michel Arsenault précise : « C’est bien beau de parler d’équité salariale,
mais quand on voit un gouvernement
" déléguer " certaines de ses responsabilités dans le secteur privé
sans s’assurer d’une égalité de traitement des salariés, on a un
méchant problème. En 2011, une préposée aux bénéficiaires dans le
secteur public gagnait 18,76 $ à l’échelon maximum, soit 58,3 % de
plus que dans la moyenne maximale observée dans les résidences
privées. C’est scandaleux. Et encore plus quand on sait que les
préposés du secteur privé se retrouvent avec des bénéficiaires
lourds, demandant des soins extrêmement pointus. »
Pour les deux dirigeants
syndicaux, il est important d’envoyer un message clair, à la fois
aux propriétaires des résidences et au gouvernement : « La prise en
charge des personnes âgées en hébergement est une responsabilité
sociale et collective. Leur assurer une vie dans la dignité passe
nécessairement par la reconnaissance du fait que cette qualité de
vie dépend de ceux et de celles qui veillent jour et nuit à leur
quotidien et au premier chef, de leurs conditions de travail. Qu’on
leur fournisse la formation dont ils ont besoin et qu’on les paie à
leur juste valeur! »
Le SQEES-FTQ représente des membres partout au Québec,
majoritairement dans le secteur de la santé et des services
sociaux. Il est le plus grand syndicat dans le secteur des
résidences privées pour personnes âgées. Il est affilié à la
Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, la plus
grande centrale syndicale québécoise, avec plus de 600 000 membres.
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